À Paris, les flics chassent et interpellent les élèves de l’est parisien

mercredi 13 février 2019
par  Sud éducation Paris
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Communiqué répression lycéenne 12/02/2019

La mobilisation contre les réformes Blanquer du lycée (pro et général) entre dans une nouvelle phase après les nombreux blocus lycéens qui ont été très sévèrement réprimés en décembre – tout le monde a encore en tête la scène d’humiliation de Mantes-la-Jolie et les élèves à genoux les mains derrière la tête filmés par un policier se gargarisant de cette « classe qui se tient bien ».

Des enseignant.es ont reconduit la grève du 5 février, appelé leurs collègues à les rejoindre, commencé des occupations nocturnes des établissements. La réforme devenant palpable à travers l’annonce des DHG (dotations horaires globales), de nombreux lycées ont été en grève et mobilisés mardi 12 février. Parallèlement et sans qu’on en entende parler, un mouvement lycéen continue contre les réformes des lycées et ParcourSup.

À Paris cette semaine, des blocus ont ainsi été organisés presque chaque jour dans le nord-est parisien qui se sont tous soldés par des interpellations. La présence de la BAC armée de LBD , les oppositions physiques aux blocus par l’administration des établissements voir certain.es enseignant.es, l’absence de démocratie lycéenne au sein des bahuts où les proviseur.es interdisent toute possibilité d’assemblées générales dans lesquelles les élèves pourraient débattre librement et collectivement de leur avenir ne font que renforcer les tensions lors des blocus.
C’est dans ce contexte qu’au moins 3 lycéens des 19e et 20e arrondissements ont subi une répression totalement délirante.

Mardi un lycéen mineur a été coursé et interpellé suite au blocus, il a passé plusieurs heures en GAV et une nuit au dépôt, il a été relâché avec une convocation devant le juge en mai. Jeudi un lycéen d’un lycée pro tout juste majeur a été coursé et interpellé suite au blocus, il a passé environ 36h en garde à vue, est passé en comparution immédiate et a été condamné à 8 mois avec sursis et 2 ans de mise à l’épreuve !

Vendredi, un élève de seconde, mineur, a été convoqué dans le bureau de la proviseur adjointe, 4 flics lui ont passé les menottes et l’ont embarqué, il est resté en garde à vue toute la journée puis a été emmené menotté chez lui pour une perquisition en présence de sa mère et est ressorti le soir avec une convocation au commissariat pour une confrontation avec une prof qui a porté plainte pour jet d’œuf et vêtement sali !

Les élèves interpellés ont à chaque fois été cueillis « au hasard », généralement parce qu’il sont tombés dans leur course-poursuite, la faute à pas de chance. C’est de la stricte intimidation pour l’exemple. Si les réformes en cours ont des impacts évidents sur les conditions de travail des enseignant.es, elles ont encore plus de conséquences sur l’avenir des élèves, notamment celleux des quartiers populaires qui subissent déjà lourdement les inégalités sociales et scolaires. Il est impossible de laisser ces élèves subir une politique criminalisante, une répression policière et judiciaire inédite qui vont peser lourdement sur leurs parcours. Comment peut-on accepter que des élèves et leur famille soient perquisitionnés dans le but de retrouver des œufs de peinture ? Comment peut-on accepter que la réponse systématique aux blocus soit l’envoi de la BAC lourdement armée ? Comment peut-on accepter que les flics chassent les élèves dans les quartiers populaires parisiens en leur courant après dans les parcs ?

Il est nécessaire que les profs soient en grève aux côtés de leurs élèves contre des réformes ultralibérales qui vont avoir de graves conséquences tant du côté des enseignant.es que des élèves et qu’ils et elles affichent sans réserves leur soutien total aux élèves réprimés.

Paris le 12/02/2019


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