L’indécent retour des chef-fes à l’école

vendredi 4 octobre 2019
par  Sud éducation Paris
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Communiqué de Sud éducation Paris

L’indécence chez le Ministre Blanquer ne connait plus de limite après le suicide de notre collègue, chargée de direction, Christine Renon. Refusant d’entendre que l’école qu’il nous impose n’est pas celle de la confiance mais celle de l’autoritarisme et du management, il semble prêt à reprendre le vieux projet de créer un corps de direction à l’intérieur de nos établissements du premier degré.

Au suicide de Christine Renon, Blanquer a répondu par la création d’un comité de suivi reprenant par là l’habituelle rhétorique des technocrates, comité de suivi dont l’objectif n’est que d’enterrer et reléguer les « incidents » au fond des oubliettes de l’éducation nationale. C’est un refus évident d’entendre l’émotion suscitée par le suicide de notre collègue qui fait écho au malaise et à la maltraitance quotidienne que nous subissons dans nos établissements.

La dégradation de nos conditions de travail, ce ne sont pas les élèves, ce ne sont pas les parents qui en sont cause. La responsabilité de la mort de Christine c’est la hiérarchie qui la porte, une hiérarchie sourde à ses difficultés, à nos difficultés. C’est l’éducation nationale, dont les ministres successifs n’ont de cesse de se faire un nom sur notre peau, qui est responsable !

Depuis l’arrivée rue de Grenelle de Blanquer, notre travail auprès des élèves est devenu encore plus difficile. Autoritarisme, menaces sur les collègues qui ne sont pas en phase avec sa politique, imposition sans concertation de la loi sur l’école de la confiance, réforme du lycée général et professionnel, réforme de l’inclusion, évaluations obligatoires en CP/CE1, formation obligatoire sur temps de vacances...
La deuxième réponse de Blanquer à la maltraitance ressentie par les personnels et qui a conduit Christine à se suicider, c’est de relancer le processus de révision du statut de « directeur d’école », avec pour ambition de créer un corps de petit-e-s chef-fes dans les écoles.

Cette réponse est aussi une attaque claire contre les personnels du premier degré qui ont combattu la loi sur l’école de la confiance et l’amendement sur les EPSF finalement retoqué. Le projet de Blanquer est d’imposer aux écoles le fonctionnement pyramidal qui prévaut dans le secondaire, ressortant par là le serpent de mer des EPEP où les chargée-es de direction seraient des chef-fes d’établissement, avec salaires à l’appui et pouvoir de notation sur les enseignant-es.

Nous pensons que le meilleur moyen pour qu’une équipe fonctionne, c’est par la voie démocratique, horizontale. Nous ne voulons pas d’un-e chef-fe à l’école car nous pensons que ce serait une énorme entrave à ce fonctionnement démocratique et parce que cela ne ferait qu’accroître le mal être de toute notre profession.

Paris, le 04 octobre 2019


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