Résultats du mouvement intra académique pour les certifié-es et les agrégé-es

jeudi 15 juin 2017
par  Sud éducation Paris
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Cette FPMA s’ouvre dans un contexte difficile où nombre de nos collègues subissent de plus en plus de pression hiérarchiques mais aussi sociétales ; la souffrance au travail augmente et, dans ce cadre, la possibilité du droit à la mobilité choisie doit devenir une réalité pour toutes et tous.

Contrairement aux annonces ministérielles de l’ancienne mandature, le niveau de création de postes n’endigue pas l’hémorragie des 80 000 postes du quinquennat Sarkozy. Pour SUD éducation Paris, le budget demeure un budget d’austérité qui n’améliore ni les conditions d’apprentissage des élèves ni les conditions de travail des personnels. L’austérité demeure l’aiguillon des contre-réformes des gouvernements successifs.

Preuves en sont :

  • - la sortie de nombreux établissements du dispositif REP alors que des moyens supplémentaires sont nécessaires dans ces établissements comme le revendique le collectif « Touche pas à ma ZEP ! »
  • - les réformes du lycée et du collège ne donnent pas les moyens pour une école émancipatrice telle que SUD éducation l’appelle de ses vœux, et aboutit, par un accroissement de la charge de travail, à dégrader les conditions de travail des personnels ;
  • - la réforme de l’évaluation maintient les pressions hiérarchiques et l’arbitraire des évolutions salariales, comme en atteste déjà l’existant du passage à la HC.

Pour rappel :
Le droit à la mobilité choisie est une composante essentielle des conditions de travail.
SUD éducation Paris défend et revendique toujours l’idée et le principe d’un droit à la mobilité choisie et volontaire pour tous les personnels, dans le cadre d’un mouvement national aux règles transparentes et identiques pour toutes et tous.

L’académie de Paris doit certes faire face à une double contrainte, d’une part les barres d’entrées sont toujours très élevées pour les disciplines telles que l’histoire-géographie, les lettres, la philosophie… et d’autre part, certaines disciplines sont fortement déficitaires : en mathématiques, en sciences-physiques, en SES… On voit d’ailleurs là l’une des limites de la politique de fixation des TZR, puisque dans certaines disciplines, il n’y a plus de titulaires pour effectuer des remplacements de courte durée et ce dès septembre !

Le déficit de lauréats lors des concours d’enseignement nous préoccupe même s’il ne nous surprend aucunement puisqu’il est le produit d’une volonté ministérielle : limiter le nombre de postes au concours et limiter l’augmentation des salaires alors même que les salaires avaient été gelés depuis 6 ans.
L’augmentation prévue par la mise en place du PPCR ne constitue que du soupoudrage et ne répond pas aux attentes fortes du personnel en matière salariale.
Comment recruter dans ces conditions ? Comment compléter les postes ? Comment opère l’Académie de Paris ?
Tout simplement en faisant appel à des personnels précaires, sous-formés et sous-payés, mais ayant les mêmes impératifs de service que les titulaires !

Des mesures simples dans le cadre de ce mouvement pourrait être prise pour faciliter le droit à la mobilité pour toutes et tous et améliorer les conditions de travail

  • - revenir sur le nombre élevé de postes spécifiques et de postes « réservés », qui remet en cause le caractère égalitaire et transparent du mouvement et retire chaque année un nombre important de possibilités de mutation pour les collègues (à l’inter et à l’intra), l’attribution des postes spécifiques suscite pour certains d’entre eux la suspicion, et ce à juste titre
  • - supprimer les bonifications spécifiques pour les agrégé-es
  • - mener dans le cadre académique une véritable lutte contre les heures supplémentaires, notamment dans « les grands lycées » et transformer ces BMP en postes
  • - éviter les mesures de carte scolaire en réduisant les services des collègues de la même discipline et/ou en diminuant les effectifs par classe
  • - limiter l’affectation pour complément de service, l’affectation sur deux voire trois établissement s engendre des risques pour la santé des collègues. SUD éducation Paris rappelle que les chefs de service sont chargés, selon l’article 2-1 du décret 82-453 « de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité »
  • - le retour à une formation avec un tiers maximum de temps de service devant élèves pour les stagiaires
  • - la baisse des effectifs par classe à tous les niveaux pour améliorer les conditions de travail et d’étude
  • - une vraie politique d’éducation prioritaire qui ne se restreigne pas à un nombre extrêmement réduit d’établissements
  • - une baisse significative du temps de travail qui serait un outil de création de postes et donc de fluidité du mouvement. Toute charge de travail supplémentaire doit donc se traduire non par l’attribution d’une prime mais par une diminution du temps de travail contrairement à ce qui existe dans les nouveaux statuts des enseignant-es du second degré

Nous voudrions revenir également sur deux points affectant le domaine de l’éducation.

1. le premier concerne plus particulièrement Paris
2. le second est plus général

1. L’autonomie croissante des établissements pose question, en effet celui-ci est plutôt bien accepté par les personnels de direction et par certains de leurs syndicats. La nomination d’un ministre de l’éducation réactionnaire (accent sur les fondamentaux français et mathématiques, retour à l’apprentissage avant 16 ans…) et néolibéral (proposition de recrutement des enseignants par établissement, plus grande liberté pour affecter la dotation horaire entre les disciplines…) ne peut que nous alerter sur la politique des ressources humaines à venir.

Cette volonté de mise en concurrence des établissements passera par la mise en concurrence des personnels enseignant-es et donc par la dégradation de leurs conditions de travail. Ce sont des pistes de « management » (à l’œuvre dans les entreprises privés, dans les administrations...) qui seront accentuées par la hiérarchie, hiérarchie qui elle-même sera sans arrêt sous la menace d’objectifs quantitatifs et chiffrés, sous la menace de l’épreuve donc, ne peut que mettre le personnel enseignant à l’épreuve : en sélectionnant, en récompensant et en éliminant.
Cette sélection peut déboucher : sur le principe des primes que nous connaissons sous la forme d’IMP, sur la nomination de professeurs coordonnateurs, par l’obligation forcée d’effectuer des heures supplémentaires, par le « chantage de l’emploi du temps »… Ces sanction visent à diviser les personnels et à briser les collectifs de travail.

Cette volonté de concurrence est d’ailleurs d’emblée biaisée, puisque les établissements privés sous contrat n’ont pas les mêmes élèves que dans les établissements publics et opèrent un tri social bien connu. Comment s’étonner du surplus d’élèves en collège privé, en lycée privé à la rentrée précédente lorsque certains établissements publics sont abandonnés par les pouvoirs publics sans volonté véritable d’y remédier. En conséquence, pour en finir avec le dualisme scolaire, nous demandons au MEN, qui a lui même reconnu qu’il était facile d’ouvrir des établissements privés d’être cohérent et donc de socialiser sans indemnité les établissements d’éducations confessionnels et patronaux, et ainsi donc de mettre en place une véritable carte scolaire.

Nous nous interrogeons d’ailleurs sur l’affectation des élèves des établissements publics : sont-ils bien prioritaires par rapport aux élèves du privé dans leur affectation en collège, en lycée, et aussi en post-bac ? M. le Recteur pourrait-il nous fournir des données à ce sujet ?

2. SUD éducation Paris ne peut terminer sa déclaration sans rappeler que le service public d’éducation n’est pas exonéré du contexte général d’austérité provoqué par une répartition des richesses toujours davantage en faveur du capital et de moins en moins en faveur du travail.

Nous revendiquons la création de postes statutaires à la hauteur des besoins exprimés par les personnels, l’arrêt du recrutement des précaires et donc la titularisation sans condition de tous les personnels précaires en exercice, dotant que leurs missions est loin d’être ponctuelle et temporaire surtout dans l’académie de Paris

SUD éducation Paris syndicat intercatégoriel et résolument interprofessionel par son investissement dans son union syndicale Solidaires, continue à mener la lutte pour la défense de l’emploi, des salaires, des services publics et des conquêtes sociales au sens large.
C’est pourquoi nous restons farouchement opposés à la loi travail et à toutes tentatives du nouveau gouvernement qui viseraient à réduire les garanties salariales (salaires, organisations du temps de travail et conditions de travail) déjà bien diminuées par les différents gouvernements.

Nous appelons d’ailleurs à manifester le 19 juin afin de construire un front social contre ce projet de casse du Droit du travail et de régression sociale.

Par ailleurs, nous remercions les personnels qui ont travaillé sur ce mouvement intra-académique : ils ne sont pas exclus du processus qui vise à faire toujours plus avec moins de moyens. Nous revendiquons l’augmentation générale des salaires et la réduction des écarts de rémunérations pour un salaire unique de tous les personnels et donc un corps unique.

Nous vous remercions de votre attention.


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