Communiqué de Sud Éducation Paris en soutien à Sud Éducation 93

jeudi 30 novembre 2017
par  Sud éducation Paris
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Sud Éducation Paris défend la liberté de Sud Éducation 93 à organiser un stage selon les modalités qu’il souhaite et condamne les attaques menées contre ce syndicat, tant par le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer que par divers groupes d’extrême droite et autres adversaires habituels des luttes antiracistes.

Le terme « racisme d’état » qui déplaît tant à Jean-Michel Blanquer, a été largement défini et documenté par la sociologie dans le sillage des travaux de Michel Foucault. Si ce terme suscite de telles réactions, il ne peut s’agir que d’une ignorance feinte ou réelle de celles et ceux qui voudraient faire taire les militant·e·s qui combattent leurs politiques de discrimination et de régression sociale.

Si Jean-Michel Blanquer n’est pas lecteur de travaux sociologiques, il aurait pu pour comprendre ce terme s’appuyer sur le rapport daté du 8 novembre 2016 de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) qui constatait, à partir d’un « ensemble convergeant d’études », « la surreprésentation des jeunes hommes issus des minorités visibles dans les contrôles au faciès ». Ou simplement sur la décision de la cour de Cassation du 9 novembre 2016 de condamner l’État pour contrôles d’identité « discriminatoires ».

Si cela l’intéressait, il aurait aussi pu lire l’enquête du Défenseur des droits, Jacques Toubon, rendue public le 13 février 2017, où l’on pouvait lire que « 80% des personnes correspondant au profil de « jeune homme perçu comme noir ou arabe » déclarent avoir été contrôlées dans les cinq dernières années (contre 16% pour le reste des enquêté.e.s). Par rapport à l’ensemble de la population, et toutes choses égales par ailleurs, ces profils ont ainsi une probabilité 20 fois plus élevée que les autres d’être contrôlés ».

Nous dénonçons par ailleurs tous les amalgames, manipulations et fausses informations que ces attaques ont générés et nous montrons sur ces points entièrement solidaires des camarades de Sud Éducation 93.
Pour les syndicats Sud Éducation, l’antifascisme et l’antiracisme sont des combats quotidiens : nous ne sommes pas dupes des nouvelles préoccupations « antiracistes » de celles et ceux qui attaquent nos camarades.

Ce n’est pas nous qui parlions du « bruit et l’odeur » (Jacques Chirac à propos des immigré.e.s, 1991). Ce n’est pas nous qui avons dit : « cet attentat odieux qui voulait frapper des Israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic » (Raymond Barre après un attentat contre une synagogue, 1980), « le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire » (Nicolas Sarkozy à Dakar, 2007), « Tu me mets quelques Blancs, quelques white, quelques blancos. » (Manuel Valls à propos d’une brocante à Evry, 2009), « Dati, avec père et mère, algérien et marocain, pour parler de la politique pénale, ça avait du sens. » (Nicolas Sarkozy à propos de la nomination de Rachida Dati comme garde des Sceaux, 2014), « Mais le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent. » (Emmanuel Macron à propos des migrant·e·s comorien·ne·s tentant de rejoindre Mayotte, 2017), « Mais qui sont les trafiquants ? Ce sont des Africains. Présentez-moi un passeur français, belge, allemand » (Emmanuel Macron à l’université de Ouagadougou au Burkina Faso, 28 novembre 2017).

Ce n’est pas nous qui nous faisons applaudir par l’extrême-droite à l’Assemblée nationale (Jean-Michel Blanquer, 15 novembre 2017). Mais bien des ministres et des présidents de la République en fonction.
Ce n’est pas nous qui avons tué Lamine, Mehdi, Pierre, Amadou, Karim, Bertrand, Abdoulaye, Houcine, Abdelhak, Dorel, Morad, Loic, Lahoucine, Yassin, Nordinne, Nabil, Amine, Youssef, Ahamadou, Rémi, Wissam, Mohamed, Steve, Mostefa, Mamadou, Anis, Adama, quelques unes des 103 personnes tuées par la Police en France depuis 8 ans, certaines abattues à bout portant, d’autres étouffées, pendues ou défenestrées dans des commissariats, d’autres fuyant un contrôle de police.

Solidarité avec nos camarades de Sud Éducation 93 !

Solidarité avec Solidaires 93 dont les locaux ont été attaqués le 28 novembre !

Solidarité avec toutes les personnes qui subissent le racisme, mais aussi l’homophobie et le sexisme !

Paris, le 30 novembre 2017


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Communiqué de Sud Éducation 75

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