Communiqué de victoire des AED grévistes au collège Évariste Galois

SUD éducation Paris publie le communiqué de victoire des AED grévistes au collège Évariste Galois.

Téléchargement du Tract de victoire des AED grévistes du collège Évariste Galois


Grève victorieuse des AED au collège Évariste Galois (75013)

 

Pourquoi la grève ?

Parce que depuis septembre 2026 nous subissons des conditions de travail fortement dégradées. Les emplois du temps des élèves contiennent des permanences structurelles, qui amènent une surcharge de travail pour la surveillance des permanences. Nous étions une équipe d’AED jeunes avec 7 sur 8 d’entre nous nouveaux dans le collège, aussi nous n’avons pas réalisé tout de suite le caractère anormal de la situation. L’année avançant, du fait des mauvaises conditions de travail, les arrêts maladie se sont multipliés chez les professeur·es, les AED, les CPE, et même dans l’administration et la direction. Le nombre et la taille des permanences ont explosé et le climat d’apprentissage des élèves s’est rapidement dégradé. Entre janvier et février, il était devenu habituel d’avoir plusieurs permanences à plus de 80 élèves dans la journée. Remplissant la salle d’étude (45 places) mais aussi une, deux, jusqu’à trois salles supplémentaires, nous avons parfois dû mettre les élèves dans la cour ou le réfectoire. Dans ces conditions, nous ne pouvions même pas remplir correctement nos missions d’assistant·es « pédagogiques ».

Que s’est-il passé ?

Avant les vacances, nous avons organisé une heure d’information syndicale (HIS) en lien avec les syndicats (SUD éducation Paris, CGT Éduc’Action 75, et le collectif AEDéter) pour discuter des dysfonctionnements. Suite à cela, nous avons demandé un entretien à la principale pour exposer nos revendications. Nos revendications logistiques ont été entendues (téléphones de salles à réparer, utilisation de l’outil SMS de Pronote, mise en place de passes pour le suivi des élèves...) mais celles de fond ont été balayées.

Pour faire face à la surcharge de travail, nous demandions une refonte des emplois du temps pour faire disparaître les permanences structurelles, et un poste d’AED supplémentaire. On nous a répondu : impossible.

Par conséquent, le 9 mars, aucun·e AED au collège, 6 professeur·es en grève, aucun·e CPE puisque les deux sont en arrêt maladie, pas de gestionnaire… et la principale en arrêt maladie aussi !

Un collège REP de 375 élèves est ingérable dans ces conditions. Le rectorat a refusé de fermer le collège et a envoyé en renfort un conseiller de la rectrice et une membre de l’EMAS. C’est dans ce contexte que la grève des AED, suivie par plusieurs professeur·es, s’est poursuivie le mardi et le mercredi.

Une lutte victorieuse !

En plus des améliorations logistiques pour la vie scolaire, nous avons obtenu :

  • l’ouverture d’un poste d’AED à 50 %, avec présence de l’un·e d’entre nous pour le recrutement (en l’absence de CPE)
  • une promesse de suppression d’heures de permanence structurelle par le déplacement de plusieurs cours
  • le remplacement en urgence de notre principale par une principale en intérim pour 3 semaines dès le 10 mars (nos collègues de Gabriel Fauré ont débrayé quand leur principale a été réquisitionnée !)
  • le remplacement de l’une de nos CPE par une CPE à temps plein dès le 12 mars
  • un engagement de la direction à être présente sur le terrain : portail, cour, hall… aux moments stratégiques.

Ces victoires permettent de confirmer que nos attentes n’étaient pas irréalistes : nous ne demandons que la possibilité pour les élèves d'apprendre dans des conditions dignes.

Les stratégies déloyales de la direction…

Nous avons fait face à plusieurs stratégies de la direction pour nous mettre la pression et décrédibiliser notre mouvement :

  • tentative de réquisition des AESH pour faire le travail des AED pendant la grève,
  • insistance à l’oral, mais aussi par mail, et par appel sur nos numéros personnels, pour savoir qui est gréviste et si la grève est reconduite ou non, auprès des AED comme des professeur·es,
  • demandes insistantes de rendez-vous avec les grévistes dans des délais courts, à toute heure de la journée, en menaçant du départ des interlocuteur·ices ou de la non-application des engagements pris,
  • refus de passer pas le canal de communication collectif que nous avons choisi : une adresse mail collective des AED en grève,
  • mail envoyé aux parents d’élèves le mercredi nous présentant comme des enfants gâtés, qui refusent de retourner au travail alors que tout leur a été donné.

Nous ne sommes pas des enfants gâtés !

Nos acquis, le rectorat et la direction ne nous les ont pas offerts mais ont été arrachés, grâce à notre engagement collectif et à la grève, mais aussi grâce au soutien de nos collègues et des syndicats.

Nous rappelons, outre les principes fondamentaux du droit de grève, que nous sommes des travailleur·euses précaires du collège, pour beaucoup à mi-temps, et que faire la grève c’est renoncer à des jours de salaire. Arrêter la grève mercredi matin impliquait de reprendre le travail sans trace écrite de la direction détaillant leurs engagements, sans aucun des changements mis en place, et sans aucune trace de la réduction du volume des permanences structurelles. Après les six mois où nous avons subi des conditions de travail anormales, sans que personne ne s’en inquiète, nous n’allions pas reprendre le travail sans garanties ! Nous avons donc posé ces garanties comme conditions de notre retour au collège.

La direction nous a affirmé qu’elle ne nous donnerait pas ces garanties, tout en nous présentant le début (encore insuffisant) d’une diminution du volume des heures de permanence structurelle, mais aussi en produisant une trace écrite de ses engagements dans le contenu du mail envoyé aux parents. Nous avons donc repris le travail jeudi 12 mars, afin d’observer la mise en place de nos acquis dans les meilleurs délais.

Nous restons vigilant·es sur le respect de tous nos acquis, ainsi que sur le remplacement au plus vite de nos CPE. Notre mouvement est la preuve qu’il est possible d’obtenir des avancées, en s’organisant pour créer un rapport de force favorable et en maintenant la pression !

Les AED du collège Évariste Galois en grève