Motion d’actualité du Congrès de SUD éducation Paris – avril 2024

Lors de son congrès des 29 et 30 avril 2024, SUD éducation Paris se déclare particulièrement préoccupé par la période politique actuelle où les atteintes aux libertés se multiplient. Que ce soient les atteintes à la liberté d’expression (la multiplication actuelle des convocations pour apologie du terrorisme en est la preuve), ou les atteintes aux libertés de manifester ou de tenir des réunions dans le cadre du soutien à la Palestine, cela témoigne d’un raidissement autoritaire de l’État et des institutions.

À cet égard, nous affirmons toute notre solidarité à notre camarade Olivier Cuzon de SUD éducation 29, récemment visé par une plainte de Darmanin suite à un article paru dans le journal du syndicat qui disait :

« Ce questionnement est important quand on connaît la culture droitière, misogyne et homophobe sous de trop nombreux képis. Les enquêtes de Médiapart révélant l’existence de groupuscules nazis dans certaines casernes, les groupes de discussions racistes des policiers et gendarmes, ou la participation récente de militaires en civil à la répression des dernières émeutes de banlieues ne plaident pas en faveur du républicanisme des militaires.»

Oui, la police française a des problèmes d’homophobie, de sexisme et de racisme, tout comme l’État français et ses institutions dont l’école. C’est une des raisons qui font que lors de son congrès, SUD éducation Paris a décidé de mettre l’abrogation de la loi de 2004 dans ses orientations, parce que cette loi normalise des pratiques discriminatoires islamophobes et racistes.

SUD éducation Paris s’est également positionné très clairement contre les politiques et discours qui criminalisent les enfants et les élèves. Ce processus, commencé au début des années 2000 avec les lois Perben, s’accentue actuellement comme le montrent les récentes déclarations d’Attal. L’externalisation aux fonctionnaires de police et de justice de domaines qui relèvent de l’école ne peut être tolérée car cela dépossède les personnels d’éducation des questions éducatives et pédagogiques qui sont au cœur de leur métier. SUD éducation Paris s’oppose à la militarisation de la société et de l’école au travers notamment des classes de défense et de sécurité globale, du SNU, des EPIDE…

Ce processus fait que de plus en plus d’enfants et d’adolescent·es ne sont plus considéré·es comme des personnes à protéger, alors que cette protection relève non seulement de notre rôle d’adulte mais aussi d’une obligation inscrite dans la loi. À cet égard, SUD éducation Paris réaffirme toute sa solidarité aux mineur·es isolé·es et au Collectif des Jeunes du Parc de Belleville. Ces derniers occupent la Maison des Métallos depuis le 6 avril et luttent pour la reconnaissance de leurs droits fondamentaux en tant qu’enfants : droit à être reconnu·es, à être logé·es, à aller à l’école, à avoir accès aux soins, à manger à leur faim …

SUD éducation Paris s’élève avec force contre toutes formes de discriminations et d’assignations. C’est aussi la raison pour laquelle nous nous opposons avec intensité aux mesures dites du « choc des savoirs » qui modifient profondément le sens de l'école et signent la fin d'un même enseignement pour tous·tes les élèves jusqu'à la fin du collège. En faisant de l'obtention du brevet une condition pour entrer au lycée général, technologique ou professionnel, cette réforme organise pour les élèves les plus fragiles la sortie de l'école à 16 ans sans diplôme. Ces mesures qui vont classer les élèves dans des groupes de niveaux viendront renforcer les inégalités sociales et transformer nombre d’enseignant·es en personnel de tri dès la fin du CM2. La labellisation des manuels et la multiplication des évaluations constituent une remise en cause de la liberté pédagogique et une mise au pas des enseignant·es.

Que ce soit dans la société ou à l’école, SUD éducation Paris se bat contre les processus de domination et d’exploitation, et toutes formes de discriminations ; pour le respect des libertés collectives et individuelles.