Depuis mi septembre, les lycéen⋅nes de la Seine-Saint-Denis, suivis par les lycéen·nes de toute la France, se mobilisent pour défendre leur droit à l'éducation et exiger des conditions d'études dignes. Chaque jour, de nouveaux lycées rejoignent en masse le mouvement, notamment des lycées professionnels.
Les lycée·nes dénoncent, entre autres :
➜ la sélection sociale de Parcoursup, véritable machine à trier. Tout au long de leur scolarité lycéenne, et en réalité dès la classe de 3e, la pression est énorme pour elles et eux. Parcoursup transforme le droit d’étudier en privilège, la pénurie en sélection et l’austérité en prétendu échec individuel. Et à cela s'ajoute le projet de faire payer des droits d'inscription en prépa et en BTS pour les étudiant·es non-boursiers.
➜ les conditions d’études dégradées dans les établissements. Les classes sont surchargées (a minima 35 élèves en voie générale et jusqu'à 30 en voies techno et pro). Le bâti scolaire est dégradé dans nombre d'établissements : les salles sont inadaptées pour accueillir des effectifs pléthoriques et les lycées passoires thermiques offrent des conditions d'études déplorables compte tenu des conditions climatiques. Les emplois du temps sont incompatibles avec une vie adolescente du fait des volumes horaires importants et des contraintes organisationnelles imposées par la réforme Blanquer. Partout, les personnels et notamment les AESH, AED et personnels médico-sociaux manquent pour encadrer et accompagner les élèves correctement dans ces années charnières pour leur orientation et leur avenir.
➜ les discriminations racistes et sexistes. Lorsqu’elles sont dénoncées, les élèves ne sont pas écouté⋅es voire réprimé⋅es, et l’omerta règne dans certains établissements. Au lieu d’écouter les élèves victimes de violences sexistes et sexuelles, l’administration organise la chasse aux foulards ou aux robes trop longues au nom de l’islamophobie d’État.
À travers cette mobilisation, c’est la voix de la jeunesse qui s’exprime et nous ne pouvons que lui apporter toute notre solidarité, en parole et en acte en nous mobilisant à ses côtés pour plus de justice sociale !
La seule réponse de l’État c’est une répression brutale et féroce : charges, tirs de lacrymogènes, tabassages en règle, tirs de LBD, gardes à vue… Le déchaînement de violence est glaçant. Et qu’on ne vienne pas nous répondre que ce sont des mortiers d’artifice qui l’ont provoquée : elle cherche à les terroriser, les faire taire et est la traduction dans le réel de la haine systémique de la jeunesse des quartiers populaires. SUD éducation Paris dénonce la répression violente en réponse à la révolte légitime des lycéen⋅nes. Nous exigeons que les procédures disciplinaires et judiciaires à leur encontre soient abandonnées et que leurs demandes soient entendues.
SUD éducation Paris partage les revendications et la révolte des lycéen⋅nes. Les irresponsables au pouvoir doivent cesser de nous faire payer leur crise ! Tout comme les lycéen·nes, nous dénonçons la baisse continue des moyens dans l'éducation et dans l'ensemble des services publics. Le projet de budget Lecornu va accélérer leur casse : ce sont les usager·es et les personnels qui en paient le prix fort. Taxons les riches comme ils devraient l'être afin de financer des services publics à la hauteur des besoins ! Dans l'éducation, les moyens doivent aller à l'école publique au lieu de financer le marché très lucratif des établissements privés.
Face à cette répression nous pouvons et devons agir :
➜ en amont : en diffusant les droits en cas d’arrestation et en garde-à-vue et les noms des avocat⋅es des LegalTeam.
➜ dans les établissements lors des blocages : en débrayant dès le matin et en se tenant aux côtés des élèves devant les lycées, en appelant les élu⋅es à se présenter, en informant la presse.
➜ en cas d’arrestations : en essayant de recenser les arrestations, en prévenant les avocat⋅es des LegalTeam pour que les élèves arrêté·es aient le droit de se défendre, en se rassemblant devant les commissariats, en assurant le suivi en cas de poursuites.
➜ en cas de sanctions disciplinaires : en accompagnant les élèves et leurs familles pour organiser leur défense, en siégeant en conseil de discipline en lien avec les représentant·es des parents et des élèves pour refuser toute sanction disciplinaire.
Face à la répression, la solidarité est notre arme !
Suivons l'appel des lycéen⋅nes en lutte : toutes et tous en grève et en manif le mardi 6 octobre !

