Congrès

Congrès 2026

textes de congres

Luttes avec les MNA et le col­lec­tif des jeunes de Belleville

Contre le fas­cisme, un pro­jet éga­li­taire et autogestionnaire

Enseignement et extrême droite : com­ment lutter ?

Pour un syn­di­ca­lisme soli­daire des travailleurs

Motion d’actualité

Le colo­nia­lisme, le racisme, la fas­ci­sa­tion et la marche vers la guerre dans le monde comme en France nous inquiètent et nous mobi­lisent. Le natio­na­lisme et l’impérialisme ne pro­gressent pas par hasard. Il s’agit de nous faire accepter :

  • à l’extérieur, la par­ti­ci­pa­tion directe ou indi­recte de la France aux guerres d’agression impé­ria­listes en Iran, en Palestine, au Mali…

  • à l’intérieur, la crise éco­no­mique et éco­lo­gique, le déman­tè­le­ment des ser­vices publics notam­ment hos­pi­ta­lier et sco­laire, et des vies au rabais pour nous et les enfants… qui aggravent les condi­tions de vie déjà extrê­me­ment pré­caires des per­sonnes les plus pré­caires et vul­né­rables. La stra­té­gie pour nous faire accep­ter tout cela c’est l’atomisation, la logique de tous·tes contre tous·tes et les logiques de domi­na­tion qui favo­risent le déve­lop­pe­ment du fascisme.

Heureusement nous sommes beau­coup dans notre camp social à ne pas tom­ber dans ces logiques et à mul­ti­plier les résis­tances et offen­sives. À ce titre, nous appe­lons à se joindre aux mobi­li­sa­tions en lien avec le contre-​sommet du G7 contre la mon­tée des fas­cismes et la mili­ta­ri­sa­tion orga­nisé notam­ment par des orga­ni­sa­tions fémi­nistes gene­voises, à Genève, à Annemasse et ailleurs du 12 au 17 juin. Nous nous inquié­tons de l’arsenal juri­dique déployé par les auto­ri­tés suisses et fran­çaises visant à inter­dire ou à limi­ter le droit de mani­fes­ter. Face à nos mobi­li­sa­tions, l’État et ses alliés déploient leurs armes clas­siques de la répres­sion anti­syn­di­cale, poli­cière, car­cé­rale et poli­tique. Les luttes anti­mi­li­ta­ristes, l’internationalisme et les luttes anti­car­cé­rales sont donc à renforcer.

L’offensive réac­tion­naire frappe de plein fouet le ser­vice public d’éducation. Le racisme s’exprime de manière de plus en plus décom­plexée : cela va par exemple des remarques des personnel·les comme, récem­ment au lycée Jean Renoir à Bondy, jusqu’aux poli­tiques ins­ti­tu­tion­nelles, comme les hausses des frais d’inscription à l’université pour les étranger·es non-communautaires. 

Le sabor­dage des condi­tions de tra­vail de tous·tes les personnel·les et des condi­tions d’apprentissage de la mater­nelle à l’université s’aggrave. Il implique auto­ri­ta­risme et « mana­ge­ment » toxique qui font par­ti­cu­liè­re­ment souf­frir les plus pré­caires (AESH, AED, agent·es, BIATSS, contractuel·les, etc). Cet auto­ri­ta­risme se tra­duit aussi par la mise au pas de la jeu­nesse et son enrô­le­ment dans des logiques mili­taires et poli­cières (classe défense, JDC, etc) et par une aug­men­ta­tion du tri sco­laire et social. D’ailleurs, en pré­vi­sion de ce tri et de ses effets en termes d’inégalité de reve­nus, le gou­ver­ne­ment pré­voit une nou­velle « édu­ca­tion à » : EducFi (éco­no­mique, bud­gé­taire et finan­cière) dont l’objectif n’est autre que d’apprendre à gérer des salaires insuffisants.

Notre congrès se déroule pen­dant un épi­sode de cani­cule sans pré­cé­dent au mois de mai. Nous vivons désor­mais le dérè­gle­ment cli­ma­tique dans nos corps et dans nos classes. Notre syn­di­cat s’alarme de l’inaction des auto­ri­tés que cela soit en matière de lutte contre la des­truc­tion de l’environnement ou d’adaptation des lieux de tra­vail. N’attendons pas les auto­ri­tés pour agir et soyons aussi soli­daires des popu­la­tions condam­nées aux migra­tions climatiques.

La rési­gna­tion n’est pas de mise et nous pou­vons nous appuyer sur des luttes qui nous donnent force et espoir.

Notre syn­di­cat sou­tient les luttes achar­nées des mineur·es isolé·es. Non seule­ment elles obtiennent des vic­toires dans un contexte d’extrême pré­ca­ri­sa­tion et de stig­ma­ti­sa­tion, mais elles nous font aussi chan­ger nos pos­tures contre les pro­ces­sus de domi­na­tion au sein de nos propres luttes. L’expérience concrète des dis­cri­mi­na­tions subies par les jeunes notam­ment dans toutes leurs démarches concer­nant les droits fon­da­men­taux (héber­ge­ment, sco­la­ri­sa­tion, accès aux soins) est un choc pour beau­coup de cama­rades qui s’impliquent dans le col­lec­tif. Cela per­met de consta­ter à quel point le racisme est sys­té­mique et doit être combattu.

Cela est riche d’enseignement quand on consi­dère la ques­tion des vio­lences faites aux enfants qu’on semble décou­vrir aujourd’hui avec le scan­dale des vio­lences sexuelles dans le péri­sco­laire alors que le rap­port de domi­na­tion enfant-​adulte est cen­tral dans la société. Quelques avan­cées ont été obte­nues concer­nant la prise en compte de la parole des vic­times, personnel·les ou élèves/étudiant·es, de VSS. Le pro­gramme d’EVARS est un pre­mier pas. La conscien­ti­sa­tion et la lutte contre les rap­ports de domi­na­tion de genre et des adultes sur les enfants doivent se poursuivre.

Le sui­cide de Caroline Grandjean le 1er sep­tembre 2025 a endeuillé nos pro­fes­sions et rap­pelé le peu de pro­tec­tion que nos ins­ti­tu­tions donnent aux personnel·les et étudiant·es/élèves LGBTQIA+. Nous sou­te­nons toutes les ini­tia­tives allant dans le sens de la lutte contre les LGBTphobies en milieu sco­laire et par­ti­ci­pe­rons au mois des Fiertés qui arrive. Souvent sur ces ques­tions, nos élèves et étudiant·es nous montrent la voie.

Nous nous alar­mons aussi du mono­pole de Bolloré dans l’édition sco­laire et de son finan­ce­ment crois­sant de la recherche publique. Il est un des visages de l’alliance entre fas­cisme et capi­tal. Nous inves­tis­sons les cam­pagnes Stop Bolloré et Educ Nat contre Bolloré. Elle créent du com­mun, de la joie et donnent des cibles concrètes. 

Nous fêtons actuel­le­ment le ver­se­ment des indem­ni­tés REP/​REP + pour les AED et AESH. Nous l’avons obtenu après des années de lutte syn­di­cale et juri­dique. La lutte conti­nue, notam­ment pour la recon­nais­sance de véri­tables sta­tuts et de vrais salaires ! Nous appe­lons à la mobi­li­sa­tion, par la grève et la mani­fes­ta­tion, des AED le 2 juin et des AESH le 9 juin.

Pour conclure, notre soli­da­rité va aux peuples en lutte du monde entier. Elle devient concrète, par exemple :

  • par la levée de fonds et les ren­contres orga­ni­sées avec nos cama­rades du syn­di­cat indé­pen­dant ukrai­nien Priama Diia (Action Directe) qui luttent contre l’impérialisme russe et les réformes néo­li­bé­rales de leur gouvernement,

  • par l’organisation des mobi­li­sa­tions dans la rue contre les guerres colo­niales et impé­ria­listes en Iran, au Liban et en Palestine,

  • par des actions de nature juri­dique, comme celle à laquelle nous par­ti­ci­pons avec le col­lec­tif Stop Academic Complicity pour faire condam­ner huit uni­ver­si­tés fran­çaises pour man­que­ments aux « obli­ga­tions en matière de pré­ven­tion de crimes de géno­cide et de crimes contre l’humanité », en rai­son de leurs par­te­na­riats avec des uni­ver­si­tés israé­liennes accu­sées d’être impli­quées dans le géno­cide à Gaza.

Plus que jamais la lutte anti­fas­ciste est internationale !

SUD édu­ca­tion Paris
Paris, le 27 mai 2026

Motion d’ac­tua­lité en PDF

Congrès 2024
Motion d’actualité

Lors de son congrès des 29 et 30 avril 2024, SUD édu­ca­tion Paris se déclare par­ti­cu­liè­re­ment pré­oc­cupé par la période poli­tique actuelle où les atteintes aux liber­tés se mul­ti­plient. Que ce soient les atteintes à la liberté d’expression (la mul­ti­pli­ca­tion actuelle des convo­ca­tions pour apo­lo­gie du ter­ro­risme en est la preuve), ou les atteintes aux liber­tés de mani­fes­ter ou de tenir des réunions dans le cadre du sou­tien à la Palestine, cela témoigne d’un rai­dis­se­ment auto­ri­taire de l’État et des institutions.

À cet égard, nous affir­mons toute notre soli­da­rité à notre cama­rade Olivier Cuzon de SUD édu­ca­tion 29, récem­ment visé par une plainte de Darmanin suite à un article paru dans le jour­nal du syn­di­cat qui disait :

« Ce ques­tion­ne­ment est impor­tant quand on connaît la culture droi­tière, miso­gyne et homo­phobe sous de trop nom­breux képis. Les enquêtes de Médiapart révé­lant l’existence de grou­pus­cules nazis dans cer­taines casernes, les groupes de dis­cus­sions racistes des poli­ciers et gen­darmes, ou la par­ti­ci­pa­tion récente de mili­taires en civil à la répres­sion des der­nières émeutes de ban­lieues ne plaident pas en faveur du répu­bli­ca­nisme des militaires. »

Oui, la police fran­çaise a des pro­blèmes d’homophobie, de sexisme et de racisme, tout comme l’État fran­çais et ses ins­ti­tu­tions dont l’école. C’est une des rai­sons qui font que lors de son congrès, SUD édu­ca­tion Paris a décidé de mettre l’abrogation de la loi de 2004 dans ses orien­ta­tions, parce que cette loi nor­ma­lise des pra­tiques dis­cri­mi­na­toires isla­mo­phobes et racistes.

SUD édu­ca­tion Paris s’est éga­le­ment posi­tionné très clai­re­ment contre les poli­tiques et dis­cours qui cri­mi­na­lisent les enfants et les élèves. Ce pro­ces­sus, com­mencé au début des années 2000 avec les lois Perben, s’accentue actuel­le­ment comme le montrent les récentes décla­ra­tions d’Attal. L’externalisation aux fonc­tion­naires de police et de jus­tice de domaines qui relèvent de l’école ne peut être tolé­rée car cela dépos­sède les per­son­nels d’éducation des ques­tions édu­ca­tives et péda­go­giques qui sont au cœur de leur métier. SUD édu­ca­tion Paris s’oppose à la mili­ta­ri­sa­tion de la société et de l’école au tra­vers notam­ment des classes de défense et de sécu­rité glo­bale, du SNU, des EPIDE…

Ce pro­ces­sus fait que de plus en plus d’enfants et d’adolescent·es ne sont plus considéré·es comme des per­sonnes à pro­té­ger, alors que cette pro­tec­tion relève non seule­ment de notre rôle d’adulte mais aussi d’une obli­ga­tion ins­crite dans la loi. À cet égard, SUD édu­ca­tion Paris réaf­firme toute sa soli­da­rité aux mineur·es isolé·es et au Collectif des Jeunes du Parc de Belleville. Ces der­niers occupent la Maison des Métallos depuis le 6 avril et luttent pour la recon­nais­sance de leurs droits fon­da­men­taux en tant qu’enfants : droit à être reconnu·es, à être logé·es, à aller à l’école, à avoir accès aux soins, à man­ger à leur faim …

SUD édu­ca­tion Paris s’élève avec force contre toutes formes de dis­cri­mi­na­tions et d’assignations. C’est aussi la rai­son pour laquelle nous nous oppo­sons avec inten­sité aux mesures dites du « choc des savoirs » qui modi­fient pro­fon­dé­ment le sens de l’é­cole et signent la fin d’un même ensei­gne­ment pour tous·tes les élèves jus­qu’à la fin du col­lège. En fai­sant de l’ob­ten­tion du bre­vet une condi­tion pour entrer au lycée géné­ral, tech­no­lo­gique ou pro­fes­sion­nel, cette réforme orga­nise pour les élèves les plus fra­giles la sor­tie de l’é­cole à 16 ans sans diplôme. Ces mesures qui vont clas­ser les élèves dans des groupes de niveaux vien­dront ren­for­cer les inéga­li­tés sociales et trans­for­mer nombre d’enseignant·es en per­son­nel de tri dès la fin du CM2. La label­li­sa­tion des manuels et la mul­ti­pli­ca­tion des éva­lua­tions consti­tuent une remise en cause de la liberté péda­go­gique et une mise au pas des enseignant·es.

Que ce soit dans la société ou à l’école, SUD édu­ca­tion Paris se bat contre les pro­ces­sus de domi­na­tion et d’exploitation, et toutes formes de dis­cri­mi­na­tions ; pour le res­pect des liber­tés col­lec­tives et individuelles.

textes de congres

Pour l’a­bro­ga­tion de la loi de 2004 

Criminalisation et répres­sion de l’en­fance et des élèves 

Intersectionnalité des luttes à SUD édu­ca­tion Paris 

Quelle stra­té­gie syn­di­cale pour SUD édu­ca­tion Paris