Communiqué du Collectif des Jeunes du Parc de Belleville
Communiqué : Etat raciste, plateaux complices
Le 19 décembre, nous avons mené une action d’occupation aux Plateaux Sauvages, théâtre du 20e arrondissement.
Nous n’avions plus le choix
Nous avions déjà tout essayé depuis l’expulsion de la Gaîté lyrique en mars.
Nous manifestons, organisons des réunions, acceptons des rendez-vous avec la mairie où il y a beaucoup de promesses mais pas de résultats.
Face à l’urgence, alors qu’on a beaucoup de frères et soeurs malades sur les campements et que l’hiver est là, nous avons compris qu’il faut lutter pour arracher des places d’hébergement.
Nous sommes rentré.es calmement dans le théâtre en annonçant à l’accueil que le Collectif était là pour interpeller la mairie afin de trouver des solutions d’hébergement. Malgré nos explications, la directrice du lieu, Laëtitia Guédon, nous a menacé.es très rapidement d’appeler la police si nous ne partions pas, tout en soutenant qu’elle comprenait notre situation. Une attitude inhumaine puisqu’on sait que l’intervention policière nous expose aux violences administratives et physiques. A aucun moment elle ne nous a considéré.es, elle s’adressait différemment aux soutiens et à nous les jeunes, elle ne s’est pas placée à nos côtés pour les négociations avec la mairie, elle passait des appels dans son coin et revenait avec le compte à rebours avant l’entrée de la police.
La mairie centrale et la mairie du 20e ont quant à elles refusé de se rendre sur les lieux pour discuter, signe de leur manque d’intérêt pour notre situation. Grâce à notre détermination, la Mission d’Urgence Sociale de la mairie centrale a commencé par nous proposer 18 places d’hébergement, sans nous préciser où et quand. Trop habitué.es aux promesses non tenues, nous ne voulions pas quitter les lieux sans l’assurance d’être hébergés sur le champ.
Mais il y avait de nombreux cars de CRS et la BRAV-M autour du bâtiment. Laëtitia Guédon a elle-même donné l’ordre à la police d’entrer si nous n’étions pas parti.es à 17h45. La mairie ne s’y est pas opposée. Visiblement ça devient normal pour elle d’envoyer la police plutôt que des travailleur.euses sociaux.ales aux mineur.es isolé.es à la rue qui réclament leurs droits. Nous avons donc été contraint.es de partir à cause du danger imminent.
Malgré la pression imposée, nous avons fait preuve de pacifisme et de sang-froid.
Nous nous sommes auto-organisé.es et après des heures de négociations, nous avons réussi à arracher 29 places pour les jeunes présents lors de l’action.
Nous ne pouvons pas nous satisfaire de cette victoire car des centaines de personnes passent l’hiver dans les rues de Paris. En plus, les places proposées en gymnase sont inadaptées, nous n’avons pas d’eau chaude ni de chauffage.
Depuis 2 ans nous demandons de vrais centres d’hébergement dans lesquels les personnes remises à la rue par le département de Paris pourraient être hébergées le temps de leur procédure. Mais ces 29 places montrent encore une fois que seule la lutte paie !
Les institutions essaient de nous faire taire, de nous intimider, notamment en faisant preuve d’une violence inouïe lors de l’expulsion de la Gaîté Lyrique. Bien que menacé.es, nous restons toujours solidaires. Contrairement aux Plateaux Sauvages, nous savons que les valeurs d’inclusion et d’anti-racisme ne sont pas juste des façades, qu’elles doivent s’incarner au quotidien de façon concrète. Il est grand temps que l’ensemble du monde de la culture, les médias, institutions et personnalités politiques qui se disent progressistes et de gauche cessent d’instrumentaliser nos récits et nos parcours, qu’ils se positionnent à nos côtés réellement. Ne pas le faire, c’est collaborer avec les réactionnaires.
Nous remercions toutes les personnes venues nous soutenir très nombreuses le vendredi 19 et les syndicats de la Culture qui ont répondu présent.es et communiqué sur l’action.
Face à ce gouvernement raciste, qui maltraite les personnes exilées et criminalise la solidarité, il est urgent d’agir ! Nous continuerons de nous battre.
La honte à ce pouvoir ! La honte aux Plateaux Sauvages et à sa direction qui ont choisi de se ranger du côté de ceux qui nous oppressent ! Nous n’oublierons pas et ne pardonnerons pas !
Le Collectif des Jeunes du Parc de Belleville

