Un comité de suivi de la voie professionnelle (voir notre article sur la relance de ce comité de suivi), présidé par Daniel Auverlot, ancien recteur de l’académie de Créteil, s’est tenu le 27 janvier afin de dresser un bilan des bilatérales ayant eu lieu au cours du mois de janvier entre le ministère et les organisations syndicales quant à l’avenir du parcours différencié de l’année de terminale.
L’IGESR a présenté en introduction le rapport de la mission qu'elle a menée sur le parcours en Y et dont SUD éducation exigeait la publication depuis maintenant plusieurs mois. Si les résultats des élèves aux épreuves du bac ne semblent pas avoir été affectés par la réforme, l’absentéisme catastrophique des élèves a été admis.
Le recteur de l’académie de Nancy Metz a quant à lui salué l’investissement des équipes pédagogiques, mais a reconnu que la mise en œuvre d’une réforme d’une telle ampleur avait largement manqué d’anticipation malgré la mise en garde des chef·fes d’établissement et des équipes pédagogiques.
Les organisations syndicales demandent à l’unanimité la suppression officielle du parcours en Y, l’échec de celui-ci ayant été largement reconnu par le comité lors de sa séance du 7 janvier. Les organisations syndicales sont également toutes d’accord pour repousser les examens à mi juin afin de récupérer des heures de cours et préparer au mieux les élèves aux examens. Plus généralement, toutes s’accordent sur la perte de sens pour les enseignant·es et les élèves après l’enchaînement des réformes ces dernières décennies.
Elles divergent par contre sur la notion même de parcours différencié et le nombre de semaines de PFMP en terminale. De même, en cas de maintien du parcours différencié, il n’y a pas de consensus entre les organisations syndicales quant à la mise en place : certaines, comme SUD éducation, considèrent que le cadrage doit être national quand d’autres estiment qu’il doit être à la main des chef·fes d’établissements et des équipes.
Si le ministère admet que le parcours en Y n’a pas fonctionné, il demeure convaincu qu’une différenciation des parcours doit être menée, autrement, afin d’assurer une meilleure insertion dans le monde du travail et de meilleurs résultats en BTS.
SUD éducation a rappelé que la diminution du nombre d’heures d’enseignement de ces dernières décennies explique beaucoup plus les difficultés rencontrées par les élèves post bac qu’un manque de cadrage quant à leur projet. Dans ce sens, SUD éducation a également défendu la diminution du nombre de semaines de PFMP afin de récupérer des heures d’enseignement, mais aussi afin que les élèves soient moins exposé·es aux risques d’accidents du travail.
SUD éducation a affirmé son opposition au parcours différencié, quel qu’il soit, au nom d’un besoin d’unité des enseignements. Cependant, si celui-ci devait demeurer, SUD éducation préfère qu’il se fasse par le biais de la création de groupes réduits, par exemple sur les heures de soutien au parcours. Cela nécessiterait bien sûr des moyens humains et financiers supplémentaires.
De même, SUD éducation a également rappelé le besoin urgent de recrutement d’AESH au sein du lycée professionnel, qui accueille 5 fois plus d’élèves en situation de handicap que dans les autres filières.
Enfin, SUD éducation a invité le comité de suivi de la voie professionnelle à une réflexion quant à une aide à la mobilité des élèves afin que l’orientation ne soit pas « subie ».
Le président du comité de suivi a annoncé souhaiter une réflexion sur les PFMP et les élèves à besoin éducatifs particuliers au cours de cette année.
SUD éducation restera très vigilant et mobilisé lors des prochaines réunions et annonces.
